Quand vous recevez deux offres de financement pour votre entreprise, celle qui demande le plus petit paiement peut sembler plus avantageuse. Pourtant, ce montant ne comprend pas toujours tous les frais. Il faut aussi vérifier si les paiements sont exigés chaque semaine ou chaque mois.
Avant de choisir, prenez le temps de comparer l’argent que votre entreprise recevra réellement, le total qu’elle devra rembourser et les dates de paiement. Vérifiez aussi que les offres portent sur une somme et une durée comparables. Enfin, lisez les conditions pour savoir ce qui pourrait changer après la signature.
Commencez par l’argent que vous recevrez vraiment
Supposons qu’un prêteur approuve 100 000 $. Vous pourriez prévoir utiliser cette somme pour payer vos fournisseurs, acheter des stocks ou couvrir les salaires. Mais le montant qui sera déposé dans votre compte dépend aussi des frais prévus dans l’offre.
Certains prêteurs demandent des frais d’ouverture que vous payez séparément. D’autres peuvent retenir ces frais avant de verser l’argent. Si un prêteur approuve 100 000 $ et retient 3 000 $, votre entreprise reçoit 97 000 $. Le contrat pourrait pourtant prévoir des remboursements calculés sur la somme approuvée.
Si vous avez besoin de 100 000 $ pour régler une facture, il vous manquera alors 3 000 $. Il faudra trouver cette somme ailleurs ou vérifier si une autre structure est possible. Notez donc le montant dont votre entreprise pourra réellement se servir, et pas seulement le montant approuvé.
Additionnez tous les paiements et les frais
Une offre de financement peut comprendre des intérêts, des frais de financement fixes, des frais d’ouverture ou de renouvellement et d’autres coûts. Les intérêts sont généralement le prix payé pour emprunter de l’argent pendant une certaine période. Des frais fixes peuvent plutôt être indiqués comme un seul montant au contrat. Le calcul dépend du type de financement et de ses conditions.
Un taux d’intérêt annuel ne vous dit pas, à lui seul, combien vous paierez en dollars. Il faut aussi connaître la durée du financement, la façon dont le solde diminue au fil des versements et les frais supplémentaires. Un montant fixe et un taux annuel sont deux façons différentes de présenter des coûts; il faut comprendre les deux avant de les comparer.
Demandez un calendrier de remboursement qui montre tous les versements exigés. Ajoutez les frais que vous devez payer séparément. Si les versements sont tous égaux, le calcul de base est le suivant :
Nombre de versements × montant de chaque versement + frais exigés séparément = somme totale payée.
Si votre entreprise reçoit toute la somme prévue, soustrayez-la du total payé pour obtenir le coût du financement en dollars. Ce calcul simple ne donne pas un taux annuel effectif. Il ne tient pas non plus compte de la valeur de l’argent selon le moment où il est reçu ou remboursé.
Exemple : le plus petit versement coûte plus cher au total
Imaginons une entreprise canadienne qui compare deux offres fictives. Dans les deux cas, elle reçoit 100 000 $ dans son compte et doit faire 12 versements mensuels égaux. Les frais supplémentaires sont payés séparément; ils ne sont pas retirés de la somme versée.
| Offre A | Offre B | |
|---|---|---|
| Argent réellement reçu | 100 000 $ | 100 000 $ |
| Versement mensuel | 9 200 $ | 9 000 $ |
| Nombre de versements | 12 | 12 |
| Total des versements | 110 400 $ | 108 000 $ |
| Frais exigés séparément | 500 $ | 4 000 $ |
| Somme totale payée | 110 900 $ | 112 000 $ |
| Coût au-delà de l’argent reçu | 10 900 $ | 12 000 $ |
Offre A : 12 × 9 200 $ + 500 $ = 110 900 $ payés. Après avoir soustrait les 100 000 $ reçus, le coût est de 10 900 $.
Offre B : 12 × 9 000 $ + 4 000 $ = 112 000 $ payés. Après avoir soustrait les mêmes 100 000 $, le coût est de 12 000 $.
L’offre B demande 200 $ de moins par mois, mais coûte 1 100 $ de plus au total dans cet exemple. Le versement plus faible pourrait tout de même aider une entreprise pendant un mois difficile. Pour comparer de vraies offres, il faut donc tenir compte du coût total et de la capacité de l’entreprise à respecter les dates de paiement.
Ces chiffres servent uniquement à illustrer le calcul. Ce ne sont ni des taux de BGC, ni des offres de prêteurs, ni des coûts habituels. Les deux exemples supposent 12 versements mensuels égaux, aucun autre frais et le versement complet de 100 000 $ dès le départ. Les contrats réels peuvent prévoir d’autres frais, taux et dates.
Regardez les dates de paiement, pas seulement le total
Une entreprise peut faire assez de ventes pendant un mois et manquer quand même d’argent au milieu du mois. Cela arrive quand les factures doivent être payées avant que les clients versent l’argent attendu. Le remboursement du financement s’ajoute alors aux autres dépenses.
Par exemple, une entreprise reçoit habituellement la plupart des paiements de ses clients à la fin du mois. Si le prêteur retire de l’argent de son compte chaque vendredi, les trois premières semaines pourraient être difficiles, même si le total des remboursements semble abordable pour l’ensemble du mois.
Inscrivez les paiements attendus des clients, les salaires, le loyer et les factures des fournisseurs dans un calendrier de quelques semaines. Ajoutez ensuite les versements du financement aux bonnes dates. Si le solde prévu devient négatif, il faudra peut-être revoir le calendrier ou trouver une autre source d’argent. Notre guide sur le montant de fonds de roulement dont une entreprise peut avoir besoin explique comment faire ce type de prévision.
Les paiements quotidiens, hebdomadaires et mensuels peuvent avoir des effets différents sur la trésorerie, même si les sommes totales semblent proches. Les dates exactes comptent, et certains contrats prévoient des retraits automatiques.
Vérifiez ce qui pourrait changer après la signature
Le premier calendrier de remboursement ne présente pas toujours toutes les conditions. Certaines offres ont un taux variable, ce qui signifie que le taux d’intérêt peut changer. D’autres peuvent prévoir des frais de renouvellement ou des règles particulières si vous remboursez plus tôt.
Avant d’accepter, demandez au prêteur de vous montrer les clauses qui expliquent :
- Les changements de taux : le taux ou les frais peuvent-ils changer, et dans quelles circonstances?
- Le remboursement anticipé : si vous remboursez avant la date prévue, les frais diminuent-ils ou une pénalité peut-elle s’ajouter?
- Les frais de renouvellement : devez-vous payer pour renouveler le financement ou maintenir une marge de crédit ouverte?
- Les garanties : l’entreprise donne-t-elle des biens en garantie, ou le propriétaire devra-t-il payer personnellement si l’entreprise ne peut plus le faire?
- Les paiements manqués : que prévoit le contrat si un versement est en retard ou si le compte manque de fonds?
Une garantie sur un bien permet, selon le contrat et les règles applicables, au prêteur d'exercer certains droits sur ce bien si la dette n'est pas remboursée. Une garantie personnelle signifie qu'une personne accepte certaines obligations de remboursement prévues au contrat. Ces conditions méritent votre attention, car leurs effets peuvent aller bien au-delà du versement mensuel.
Les règles varient selon le financement. Par exemple, une marge de crédit d’entreprise peut permettre de réutiliser des fonds à mesure que le solde est remboursé, selon ses conditions. Un prêt à terme prévoit généralement une somme versée au départ et un calendrier de remboursement. Notre guide marge de crédit ou prêt à terme explique comment choisir la structure. Ici, l'objectif est de comparer le coût réel des offres qui vous sont proposées.
Comment comparer deux offres de façon équitable?
Vous pouvez placer les deux offres sur une même feuille, avec les mêmes renseignements : argent réellement reçu, tous les frais, montant et date de chaque versement, total à rembourser et principales conditions. Si une offre dure 12 mois et l'autre trois ans, leurs coûts totaux ne suffisent pas pour choisir. Elles mettent l'argent à votre disposition pendant des durées différentes.
Demandez au prêteur d'expliquer tout frais ou versement qui n'est pas clair. Si les offres portent sur des sommes ou des durées différentes, demandez une comparaison fondée sur le montant dont vous avez besoin et la période pendant laquelle vous comptez utiliser l'argent. Un professionnel en finance ou en comptabilité peut aussi vous aider à examiner un contrat plus complexe.
Better Growth Capital est un courtier en financement d'entreprise au Canada. Nous examinons les demandes et pouvons transmettre un dossier à certains partenaires de financement, qui prennent leurs propres décisions. Vous pouvez consulter nos options de financement, parler à notre équipe par téléphone ou faire une demande pour que nous examinions votre situation. BGC ne peut garantir une offre, un coût précis ou une approbation.
Sources
- BDC — Business loan calculator. Outil qui illustre l'effet du montant, du taux et de la durée sur un calendrier de remboursement; le calcul reste une estimation.
- BDC — Small Business Loan. Présente des frais et conditions qui peuvent varier selon les montants et les ententes d'un prêteur canadien.
- Innovation, Sciences et Développement économique Canada — Helping small businesses get loans. Décrit les frais et les règles du Programme de financement des petites entreprises du Canada seulement; il ne s'agit pas des conditions des produits de BGC.
Ce guide donne des renseignements généraux. Il ne remplace pas les conseils d'un professionnel en finances, en droit ou en comptabilité. Les coûts, les modalités de remboursement et l'admissibilité dépendent du prêteur et du contrat réel.